vendredi 11 novembre 2011

Take the money and go Karkwa go.

L'association de la musique de Karkwa avec la marque Coca-cola a soulevé la passion de certains. Je me suis arrêté pour me demander pourquoi ça ne me choquait pas tellement. À chaque fois qu'un artiste accole sa création à une marque ou un produit il se fait lancer une volée de bois vert. Est-ce vraiment justifié? À mon avis c'est du cas par cas. Si, exemple, Les Vulgaires Machins vendaient une pièce pour une publicité de Ford, ou que Gillette mettait en marché son nouveau rasoir haute performance à l'aide d'une pièce de Godspeed You! il y aurait lieu de se questionner. On serait en face d'une incohérence majeure entre le discours, les valeurs de l'artiste et ses actions. Ces deux groupes dilueraient toute la force de leur message et leur image s'en trouverait détruite presque instantanément. À moins que je me trompe, Karkwa ne se réclame pas (ou plus) tellement d'idéologies politiques et de jugements de valeurs. Le groupe explore surtout le registre des émotions humaines. Donc, pas d'incohérence majeure à l'horizon.

Les artistes et l'argent

Quand une agence de communication utilise une chanson d'un artiste populaire pour vendre des babioles, ce n'est pas tant la chanson qui possède la valeur mais plutôt l'image que la chanson et le groupe évoquent pour un public cible, le "branding". S'il s'agissait seulement d'acheter une bonne chanson entraînante, la marque ne s'infligerait pas le paiement d'un tarif exorbitant. Même chose, quand Jean-Marc Vallée utilise un pièce de David Bowie dans Crazy, il doit s'attendre à payer le gros prix. En aucun cas un pastiche de Bowie aurait la même puissance quant au message que le réalisateur désire faire passer. La force unique qu'on retrouve dans une oeuvre que l'artiste a construite mérite son juste prix considérant qu'on joue tous au beau grand jeu de l'économie de marché libérale.

À cet effet, oui, le groupe est totalement "sold out", tout comme vous et moi d'ailleurs. En quoi un artiste serait tenu à des standards supérieurs que le reste de l'humanité? Qui a dit que l'artiste devait incarner la pureté absolue? Quand vous donnez votre temps à un employeur contre une rémunération vous êtes également en train de vendre une parcelle de votre âme au profit du capital. C'est malheureusement une question de survie pour la plupart d'entre nous, et c'est bien dommage qu'il en soit ainsi.

L'argent, à la base est un outil créé pour représenter la somme des efforts productifs d'un être humain ou d'un groupe d'être humains. Ma foi, ça se transportait mieux que des chèvres dans un porte feuille. Coca-Cola et autres multinationales ont perverti la fonction "échange" de l'argent pour en faire un outil de domination plus efficace et propre qu'une massue. C'est aussi ça le progrès.

Voici maintenant ce qui me réjouit le plus. L'argent des multinationales acquis par des pratiques pas éthiques pantoute est synonyme d'énergie négative. Donner cet argent à des créateurs honnêtes qui travaillent à comprendre le monde et à le rendre plus beau, contribue à donner une fonction positive à cette énergie négative. Une belle conversion d'énergie destructrice en énergie créatrice. Et vive les artistes!!!


AJOUT

J'ai trouvé cet article en lien avec le sujet. Très intéressant. C'est pas nécessairement la manne pour les créateurs une fois de plus.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

il faudrait demander à la plupart des prostituées, dans la rue, si elles pratiqueraient le même métier si elles étaient riches à faire ce qu'elles voudraient faire vraiment...

même chose pour les artistes... quand t'es plus capable de payer tes comptes, tu fais de la musique pour de la pub, pour des émissions de variétés, parce que criss un moment donné sur du pain ça prend du beurre...

phil v.



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